On commence en douceur avec une des images l’Épinal du Japon, les sakuras. Hasard du calendrier ? Pas vraiment. Ces arbres fleurissent au moment opportun: l’année scolaire, l’année fiscale, tout s’arrête fin mars. En avril le compteur prend un tour et on repart pour une nouvelle année. C’est aussi le moment que j’ai choisi pour redémarrer ce site, avec la nouvelle année locale. On commence donc en douceur, avec un moment que j’apprécie encore beaucoup, à la fois physiquement et symboliquement.

Une fois par an ces fleurs blanches toutes simples font état de leur pouvoir magique, et changent pour quelques jours l’état d’esprit de ceux qui y sont sensibles, japonais ou étrangers. On se retrouve dans les parcs, on se détend, on plaisante, on fait de jolies photos de ses enfants, de sa copine… on ralentit, on baisse la garde, on en profite. C’est un moment d’authenticité assez rare dans une société où les apparences et les convenances sont souvent préférées au naturel. La floraison des cerisiers, c’est ce moment où on profite simplement de l’éphémère sans raison alambiquée, juste parce que c’est beau; c’est cet instant qu’on apprécie plus que tout partager avec ceux qu’on aime, avec ses proches parce que ça non plus, ça ne durera pas… comme ces fleurs dont la chute marquera le retour au quotidien, heureux ou non. Alors on se détend, et on en profite.