
C’est une ballade que j’adore. De jour elle n’a pas grand intérêt… Tokyo ne brille pas par son architecture ni par son élégance. Le pratique prime sur l’esthétique, jusqu’au crépuscule. La nuit arrive, les néons s’allument, les ambiances se forment. Soudain ces quartiers moches revêtent une personnalité, une originalité. Le salaryman déboule, soudain plus expressif, jovial… et bientôt complètement saoul. Couleurs, lumières, odeurs, fumées… tout devient captivant dans ce purgatoire à ciel ouvert.


La ballade que j’adore commence à Yurakucho en fin d’après midi… C’est encore sage, on en profite généralement pour faire une escale dans une de ces tavernes à l’allemande qu’on trouve sous les rails de la Yamanote. Quelques bières et quelques saucisses plus tard la ballade commence, toujours le long de la voie de chemin de fer et ira s’achever dans les ruelles de Shimbashi. Un endroit bien moins sage en milieu de soirée. Les néons et les lumières sont désormais ceux des troquets plus ou moins bien fâmés, des prostituées philippines… et des locaux désormais bien imbibés. Tout autre ambiance, et tout autre visage de Tokyo bien moins avouable, mais tout aussi captivant.

